Il arrive assez souvent que, pour un même sinistre, deux contrats d'assurance soient mobilisés pour indemniser un même lésé. Ce mécanisme repose sur quelques règles simples, qu'il est indispensable de maîtriser quel que soit votre rôle lors de la survenance du sinistre.
L'application de la garantie dans le temps : quelques repères
Lorsqu'on analyse l'assurance de responsabilité d'un constructeur, deux logiques doivent être distinguées.
L'assurance de responsabilité décennale obligatoire (article L.241-1 du Code des assurances) : en cas de sinistre, un seul contrat a vocation à intervenir — celui en vigueur à la date de la DOC, ou à défaut au démarrage effectif des travaux. Ce contrat indemnise la réparation des désordres de nature décennale. Lorsque le responsable est intervenu en qualité de sous-traitant, la logique de rattachement à la date d'exécution des travaux est conservée.
Les garanties facultatives (RC professionnelle, garantie de bon fonctionnement, désordres intermédiaires) : ici, le raisonnement diffère. C'est en principe le contrat en vigueur à la date de la réclamation qui est mobilisé.
Illustration concrète
Une entreprise de gros œuvre participe à l'extension d'un hôtel. Quatre ans après la réception, des fissures affectent deux murs et portent atteinte à la solidité de l'ouvrage. Parallèlement, l'exploitant formule une réclamation pour les pertes financières subies. Entre-temps, l'entreprise a changé d'assureur.
- Pour les désordres matériels relevant de la garantie décennale : c'est l'assureur dont la garantie était en vigueur au jour de la DOC qui indemnise la reprise des ouvrages.
- Pour les pertes d'exploitation relevant des dommages immatériels consécutifs : c'est le contrat en vigueur à la date de la réclamation qui est mobilisé.
En cas de disparition de l'entreprise : la garantie subséquente
L'entreprise a été liquidée et aucun contrat n'est en cours à la date de la réclamation. La loi du 1er août 2003 a encadré cette situation : le dernier assureur est tenu d'intervenir au titre de la garantie subséquente, qui couvre les réclamations formulées après la résiliation du contrat, pendant une durée maximale de 10 ans.